les éditoriaux de notre revue

N°306 (septembre 2021)

 

Cendrillon, Philippe Deniard Rédacteur en chef de la revue.

 

Ce conte, attribué à Charles Perrault, dont on connait d’autres versions, sous d’autres titres, fit beaucoup disserter. Un peu à cause du thème, mais bien plus à propos de la matière dont était faite la fameuse pantoufle : de vair ou de verre ? Le doute n’est plus permis, que ce soit les défenseurs de la cause animale ou les exégètes de la littérature merveilleuse, un accord a été trouvé, c’est bien de verre qu’il était question.

De verre ! comme les plafonds que les médias évoquent à longueur de jour pour signaler un point au-delà duquel il ne semble pas possible d’aller. Cette frontière est un peu à l’image du Paradis perdu : ceux d’en bas peuvent envisager ce que serait cet idéal, si l’on parvenait à franchir cet obstacle… Hélas, les autorités qui n’osent pas installer un marteau brise-vitre, peinent à repousser ce plafond… Malgré tout, la vie continue. Depuis que les masques sont tombés, elle a même repris des couleurs ; celles des sourires, celles de lèvres carminées, celle des mots qui ne sont plus filtrés, déformés, celles des phrases que l’on prend tout autant plaisir à voir qu’à regarder se former.

La vie reprend son cours, presque comme avant, du moins pour ceux que les dégâts humains et matériels de la pandémie n’auront pas touchés de trop près. Au CLEC aussi nous regardons vers le futur.

Dans ce numéro, particulièrement chargé en ce qui concerne nos activités, nous vous présentons les différentes occasions de nous rencontrer, qu’il s’agisse d’un atelier d’écriture ou de lecture, de découvertes muséographiques, de conférences voire même, pour les plus « courageux » de séjour en résidence… Il est encore possible d’ajouter des propositions, n’hésitez pas à nous en adresser si vous souhaitez faire découvrir une manifestation locale qui aurait à voir avec la littérature au sens large.

Autre information importante qui vous est donnée à lire : l’annonce de notre soixante-et-onzième concours littéraire. Participez ! Faites participer ! À la date de parution de ce numéro, le jury de notre soixante-dixième concours ne s’est pas encore réuni pour délibérer sur l’attribution des prix…, mais les jurés ont déjà lu et commenté les textes qui leur ont été soumis. Nous espérions un peu plus de participants pour ce millésime particulier. Les plumes ne se sont pas déliées alors que les primes, octroyés aux lauréats étaient doublées. C’est au moins une consolation, les cheminots autorisés à concourir ne sont pas mercantiles ! Toutes ces informations et bien d’autres vous allez pouvoir les retrouver sur notre site, actualisé, profondément remanié ! Allez-y ! Informez-vous, soyez actifs dans la vie de notre association.

Autre pavé bien nourri de ce numéro ; celui en rapport avec les livres ! Vous trouverez l’échange de questions-réponses auquel a bien voulu se prêter l’auteure de l’ouvrage Baïkonour, prix du Second roman des cheminots. Vous ne manquerez pas de lire, nous l’espérons, le compte rendu de l’activité Clecture, celle où on lit et débat. Cette fois, l’auteur d’un des ouvrages retenus, La roseraie, participait en « direct » aux débats. Un auteur qui est également le président de notre concours littéraire, j’ai nommé celui que le CLEC remercie doublement, Michel Besnier ! Enfin, toujours dans cette veine littéraire, nous vous proposons un essai rédigé par Élisabeth Haw qui vous permettra de faire plus ample connaissance avec Georges Navel, l’auteur de Travaux.

Rien d’étonnant que cette partie de notre revue soit particulièrement développée ! les plus hautes autorités (les mêmes que nous évoquions ci-devant) n’ont-elles pas fait de la lecture, une cause nationale ? Nous nous en réjouissons ! Nous serons attentifs à tout ce qui pourra se cacher derrière les mots, et chaque fois que possible nous participerons aux activités proposées, notamment en direction des plus jeunes, et des cheminots en général !

Alors, en cet automne débutant, profitons des derniers beaux jours, efforçons-nous de repousser tous « ces fameux planchers de verre », au plus près des étoiles, et faute de princesse ou de prince charmant, dont on a peu à faire, engageons-nous, comme Cendrillon, dans un avenir plus réjouissant que les mois passés.

N°305 (juin 2021)

 

Le tunnel était en courbe, Philippe Deniard Rédacteur en chef de la revue.

À tous ceux et toutes celles qui ont eu l’occasion d’occuper la place du conducteur dans la cabine de conduite d’un train, cette image du tunnel en courbe parlera. On n’en voit pas le bout, d’autant moins qu’il est plus long… La petite luminosité qui en signale la sortie se fait attendre ; on a parfois l’impression de ne pas avancer.
L’image, vous l’avez compris, fait référence à la pandémie. Depuis la parution du numéro précédent, nous avons dû respecter un nouveau confinement, reculant d’autant l’espoir des libertés retrouvées, de la convivialité partagée. Et pourtant…
Quelle belle aventure que ce vaccin ! En plus de son effet thérapeutique, il est devenu une sorte de symbole de l’évolution de notre société. Rapidement élaboré — pour certains d’entre ceux qui sont proposés, par la mise en œuvre de techniques innovantes —, il a montré les capacités d’intelligence dont l’homme (au sens de l’être humain, je le précise pour ne pas, à nouveau, me mettre à dos les lectrices que la couverture du numéro précédent a heurtées) est capable. Si rapidement mis en fabrication sur des chaines de production de très haute technicité, que l’on a un peu oublié de s’étonner de l’exploit que cela représente. Et puis, par bribes, sont venus à nos yeux et à nos oreilles les marchandages économicopolitiques qui se tramaient en sous-main… nous rappelant le monde dans lequel nous vivons et celui vers lequel se dirigent les générations futures, à moins que, d’ici là, elles ne parviennent à sortir du tunnel par la grande porte !
Autre voie que les plus jeunes choisiront peut-être d’explorer : aller « faire pousser des tomates sur
Mars ». Quel émouvant spectacle que de voir la sonde Persévérance se poser en douceur (« atterrir » est le terme exact) sur la planète Mars le 18 février 2021 ! du même niveau d’émotion que l’alunissage des premiers terriens sur « la blanche Séléné », le 21 juillet 1969 ! J’espère que beaucoup d’entre vous ont pu partager ces instants qui témoignent de l’intelligence de notre humanité malgré toutes les vicissitudes auxquelles elle doit faire face ! L’infiniment grand semble à portée de main tandis que l’infiniment petit est capable de nous terrasser !
Revenons à notre paroisse ! Comme vous pouvez le constater, l’entrée en matière de ce Nouveau dévorant est scindée en deux parties, la première est rédigée par le nouveau président de notre association, Alain Naudet. Il a accepté de poursuivre la mission que, voici quelques années, j’avais faite mienne. Cette fois la passation s’est déroulée dans les meilleures conditions possibles. Le CLEC poursuit sa route ; je m’en réjouis, nous pouvons continuer à partager sur tout ce qui a trait à l’écriture, la littérature, la défense de notre langue…
Dans ce numéro, nous rendons compte du déroulement très particulier de notre assemblée générale et précisons les rôles de chacun des membres du conseil d’administration de l’association. Et, puisque c’est un peu un nouveau départ, j’en profite pour remercier toutes celles et tous ceux qui nous proposent, de manière régulière, des articles et des chroniques. Marie-Bernard Gœpfert nous fait toucher du bout du doigt les « concepts » philosophiques ; Joël Forthoffer nous invite à nous interroger sur le devenir du chemin de fer ; Marc Mousli, nous éclaire sur des groupes de pensée, des évolutions de notre société, certainement qu’il donne lui aussi à quelques lecteurs l’envie d’aller y voir de plus près. Je n’oublie pas d’associer à ces remerciements Jean-François Hagnéré, Daniela Laurans, ni, pour nos jeux, Alain Jourdain, et Shogan, le chroniqueur discret ! Je m’en voudrais de ne pas mentionner Mireille Gras, par l’intermédiaire de laquelle peuvent s’exprimer dans notre revue, les participants de l’atelier Internet.
Le train roule, nous allons, c’est sûr, atteindre, vaille que vaille cette fameuse sortie, bientôt tomberont les masques et bientôt brillera le soleil.
Dans le prochain numéro, nous vous parlerons de l’année européenne du rail ; pour l’heure, en quatrième de couverture, nous vous proposons de vous familiariser avec l’affiche de cette manifestation à laquelle est associée l’UAICF.
Bel été à chacune et chacun d’entre vous !



 

 

 

N°304 (mars 2021)

 

Les mots

 

 

Les mots sont comme les chaussettes, ils ont un sens ! Voilà qui commence mal, je bute sur un mot, le mot « sens ». Il a plusieurs acceptions : deux principales, qui se subdivisent en cinq ou six significations que je m’abstiendrai de citer, chacun pouvant ouvrir son dictionnaire pour faire l’exégèse de cette introduction.
Des mots, certains en font un peu leur métier, ainsi, les académiciens travaillent à redonner du lustre à leurs définitions en tenant compte de l’évolution de notre société. La neuvième édition du dictionnaire avance, nous vous disons deux mots de la dernière série publiée au Journal officiel de la République, voici un an ; elle va de savoir-faire à sérénissime.
Des mots encore ! En plus de leur métier, quelques-uns en font leur passion. C’était le cas de Alain Rey. Il s’en est allé en octobre dernier. Il avait, par rapport à ses collègues linguistes, un peu plus de bonhommie, un peu plus de proximité avec ceux qui, aussi justement que possible utilisent les mots. Les ouvrages qu’il a rédigés ou auxquels il a participé font florès : les dictionnaires chez Le Robert, son Dictionnaire amoureux des dictionnaires chez Plon… citons également Mille ans de langue française, chez Perrin. Dans celui-ci, nous avons souvent puisé nos sources. Cet ouvrage se termine par un éloge de la langue française, mais aussi par une incitation, à l’usage des francophones, à ne pas idolâtrer la langue qu’ils ont en partage et à s’ouvrir à d’autres langues porteuses d’autres cultures, au travers des êtres humains qui les font exister.
Ne pas idolâtrer le français, certes ! mais ne pas non plus fouler notre langue au pressoir de la bêtise ou de l’outrecuidance ! Donnons pour exemple certaines instances internationales (et pas seulement celles de l’administration de l’Europe, nous en connaissons d’autres, la FISAIC, Fédération internationale des sociétés artistiques et intellectuelles des cheminots, par exemple) qui, usant ou voulant user d’une seule langue, oublient comme le disait Umberto Ecco, que « la langue de l’Europe c’est la traduction ».
Les mots ont un sens disions-nous, [...]

 

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N°303 (décembre 2020)

Le gout des autres

 

Voici un an, peu s’en faut, vous découvriez le nouveau visage de votre revue, rebaptisée Le nouveau dévorant ! Si quelques modifications, plus ou moins perceptibles ont été mises en œuvre au fil des publications, les lignes de force étaient en place.

Le nombre des publications est passé de six à quatre, mais, en cette année particulière à bien des égards, vous avez reçu cinq numéros, dont un numéro 300 qui souhaitait mettre à l’honneur ceux d’entre vous qui avaient contribué à alimenter la centaine de revues précédentes. Moins de publications donc, mais, je le redis, autant d’articles, sinon plus, que précédemment.

Nous pouvons tirer un premier bilan de cette évolution : au vu des retours que nous avons reçus, il est positif. Comment ne pas s’en réjouir ! La couleur est venue égayer les pages, une illustration de couverture, dessinée par Jean-Jacques Gondo, que nous remercions au passage, donne un « coup de jeune » à la revue.

Nous nous réjouissons de ces résultats, mais la joie est teintée d’une certaine retenue. Vous le lirez, au fil des articles, le CLEC lance des appels pour alimenter certaines chroniques, il en lance également pour venir renforcer l’équipe et poursuivre l’aventure. Ne restez pas sourds à ces messages !

Autre source d’inquiétude, la baisse de nos effectifs ! Nous voguions, bon an mal an, jusqu’à maintenant avec une diminution de l’ordre de trente personnes par année. Un rythme assez semblable à celui de la SNCF (il parait que nous allons retrouver le« la »), à deux zéros près. Ce ne sera pas le cas, cette fois : activités annulées, peu d’ouverture possible vers l’extérieur, difficultés pour diffuser nos revues à usage de promotion… Autant d’éléments qui entravent le développement de l’association.Nous ne sommes pas les seuls ! Le monde associatif dans son ensemble souffre et va continuer de souffrir des effets de la pandémie. On connait les symptômes qui la caractérisent (fièvre, toux, anosmie, agueusie, fatigue… n’hésitez toutefois pas à consulter votre médecin, pour faire poser un diagnostic). On s’aperçoit, au fil des mois, qu’une des séquelles de l’existence de la maladie, c’est aussi la perte du gout des autres !

La crainte se justifie, dans une certaine mesure, elle se comprend, mais elle est là ! Chacun se protège, il faut le faire, rigoureusement. Les « instances » se préservent en fixant des règles, en imposant des restrictions. C’est leur rôle ! Comment dire, « c’est trop » ou « c’est trop peu », sauf, bien sûr à être dans le camp de ceux qui savent, mais ne font pas ? Les conséquences sont, elles, bien visibles.

[...]

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N°302 (septembre 2020)

N’en parlons plus, pour cette fois !

L’éditorial, souvent, s’écrit par tâtonnements ; vient d’abord l’esquisse, articulée sur les notes prises ici et là dont on songe faire un usage ultérieur. Puis, de semaine en semaine, la vie laissant filer entre les ventaux de l’écluse du temps les nouvelles d’hier il faut revoir la copie !

Si le virus et la maladie à laquelle on hésite à attribuer un genre — masculin ? féminin ? — sont toujours là, et si toutes les questions qui se sont posées n’ont pas trouvé de réponse, au moins, les façons de s’en prémunir nous sont désormais connues. Foin des Monsieur et Madame Purgon qui ont occupé le devant des écrans télévisuels auxquels les circonstances nous ont, comme drosophiles au pot de confiture, longtemps agglutinés. Fort heureusement, nombreux furent ceux qui, tel l’Argan, du Malade imaginaire, refusèrent le clystère, boudèrent la soupe aux orties et s’en tinrent aux méthodes préconisées par ceux qui, tout en ayant autorité, osaient afficher leurs doutes. N’en parlons plus, pour cette fois, en souhaitant que ce soit la seule ; l’Histoire s’avance, mais, hélas, le présent ne lui a pas encore laissé la place !

Il n’empêche que [...]

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N°301 (juin 2020)
La promesse de l'aube.

Comme nombre d’entre vous, j’ai profité de ces dernières semaines pour lire. Parmi les ouvrages lus, il y eut La promesse de l’aube, de Romain Gary, même si je ne puis que vous inciter à lire ou relire cet ouvrage, je ne m’appuierai pas sur son contenu, pour faire un lien avec notre époque, d’autres sont plus en harmonie… On en a beaucoup parlé. De ce livre, je retiens le titre : la « promesse » tout d’abord.

En début d’année, préalablement aux élections municipales, mais qui s’en souvient, certains candidats parisiens proposaient de déplacer la gare de l’Est et la gare du Nord itou ! Je m’apprêtais à formuler une contreproposition et puis de retards en procrastinations, je ne le fis pas, et il fut trop tard. J’étais grandement plus favorable au déménagement de la Tour Eiffel dans le parc des Buttes-Chaumont. De nombreux arguments qu’il serait fastidieux de développer ici, plaidant pour ce choix. Il en est ainsi des grandes idées qui ne sont pas mises en application assez rapidement : elles finissent aux oubliettes.

Félicitons-nous, celles que nous avions au CLEC, pour faire évoluer la revue ont été menées à bien. Avec le numéro 299, nous avons basculé dans la modernité sans renier notre filiation. Ce Nouveau dévorant numéro 301 est le troisième du genre, il s’inscrit dans ce qui sera dé [...]

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N°300 (mars 2020)

300, numéro spécial.

Nous y voici à ce numéro 300 que depuis un certain temps nous – c’est-à-dire tous ceux qui sont impliqués dans la réalisation de cette revue et plus largement dans la vie de l’association – voyions se profiler à l’horizon sans vraiment oser y croire : nous l’avons fait, vous l’avez fait !

Nous avons choisi de donner un éclat particulier à cet anniversaire en publiant un numéro spécial. Pour le composer, nous avons balayé du regard les exemplaires parus depuis le mois de septembre 2003, ceux que vous avez nourris de vos mots, de vos textes, de vos réflexions. C’est donc à vous que le CLEC dit un grand merci !

Par numéro, un peu, par millésime surtout, nous avons évoqué quelques-uns des articles publiés, quelques-uns des moments particuliers de chacune de ces seize années de parution.

C’est de vous que nous avons souhaité parler, vous les auteurs ! Vous êtes plus de cent-cinquante à figurer dans ce sommaire qui ne sera pas affiché !

Certains sont cités plusieurs fois, d’autres une seule ; certains, hélas nombreux, ne liront pas ces mots… ils s’en sont allés. Nous les avons quand même associés à notre « pot de l’amitié ». Nous souhaitons qu’à la vue de leur nom, ici où là dans le foyer de l’un d’entre vous s’éveille la mémoire et s’invitent les bons souvenirs.

Merci à vous tous, et merci plus encore à ceux qui ont bien voulu répondre à notre appel à contributions. Ce fut, en parcourant chacun des textes reçus, avant de les intégrer à ce dévorant, un vrai plaisir de lecture.

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