Nos sorties culturelles

22 septembre 2020 - L'Art de rue dans Paris 13e

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Convenablement masquée et solidement chaussée, la quinzaine de participants conduite par Denise Thémines a commencé son périple du 22 septembre dans le quartier de La Butte-aux-Cailles ; entre le lézard vert de Louyz et un collage un peu défraichi de MFulcro l’animatrice exposa les différentes techniques de cet art de la rue (street art pour les puristes) avec sa forte personnalité, une hiérarchie obscure au profane et ses propres règles s’affranchissant souvent de la législation malgré les risques d’amendes.

La déambulation commentée s’organisa le matin entre rues, places et passages (Barrault où Seth montre un de ces enfants dont on ne voit jamais le regard, enfants que nous allons retrouver plusieurs fois comme les pochoirs-messages de Miss.Tic, les visages africains de Lady Bug, l’érotisme de Le Barbu et d’ autres, Alphand où il fallait baisser les yeux pour voir le hérisson d’Edward von Longus, Sigaud, Boiton où l’Hippopotamoebius de Baudelocque nous regarde passer, Buot où Teuthis imagine un poisson fantastique, de la Commune-de-Paris , des Cinq Diamants où s’affichent des portraits connus, Vandrezanne pour admirer le travail que Kashink réalisa avec les enfants de la maternelle voisine, … ) et se clôtura par un repas en commun au mythique restaurant Le temps des Cerises.

Collage ou  bombage, pinceau ou burin, mosaïque ou sculpture, craie ou pochoir, tricot ou recyclage d’objets… : la diversité des outils se retrouve dans l’identité des réalisations. De même, les origines et expériences diverses des artistes offrent un ensemble dont l’unité tient de sa désorganisation apparente. Point commun, la liberté d’expression, qu’elle soit picturale ou scripturale, avec ce qu’elle porte de provocation.

Art éphémère ? Certes oui si on s’en tient aux supports qui s’écaillent ou sont appelés à disparaitre, aux superpositions visibles, aux tags incongrus, mais dès que passés de l’autre côté de la Place d’Italie, autour du Boulevard Vincent Auriol (ancien Boulevard de la gare – « gare à bateaux » qui ne vit jamais le jour) les pignons d’immeubles relèvent du XXL. Ici, D*face, C215, Add Fuel, Jana & Js, Inti, Vhils, Roa, Pantònio, l’incontournable Invader et tant d’autres, par des mécanismes de commandes publiques et d’associations d’artistes, ont décoré les pignons des immeubles du parc immobilier de la Ville. L’effet est saisissant, le regard ne se lasse pas de cette exubérance, et la multiplicité des origines géographiques des artistes saute aux yeux dans ce musée géant d’art moderne en plein air.  

En clôture de cette journée, passage par l’Avenue de France et ses immeubles modernes aux architectures multiples, un tour près des anciens immeubles industriels parisiens aux murs épargnés par la boulimie dévastatrice de la rénovation immobilière (les Frigos, les Grands moulins, la Halle à farine, L’Usine d’air comprimé), et pour finir, un espace quelque peu coupe-gorge Allée Paris-Ivry où les « graffeurs » s’en sont donné à cœur joie pour transformer le moindre espace en œuvre artistique. La boucle était ainsi bouclée…

 

André Bonnisseau, 30 septembre 2020